
“Destruction réciproque”, Gisèle Freund, “Photographie et Société” p.83

“Destruction réciproque”, Gisèle Freund, “Photographie et Société” p.83

Dans « Interstellar », Hqm est doublé par l’entertainement*. Le robot du film, fruit des amours clandestines d’un Rubik’s cube et d’une sculpture de Joel Shapiro, se balade comme un Hqm dans les étoiles. Les scientifiques restent sceptiques (« le robot d’Interstellar n’est pas réaliste !« , voir l’article sur popsci.com), mais le résultat, moins marqué que souvent par l’anthropomorphisme, est formellement très intéressant.
Les critiques comparent inévitablement chaque nouveau film de SF à Kubrick (Libé fecit) . Interstellar, comme d’autres, cherche un « après-2001 », une sortie possible, et fait référence sans trop de déférence: le robot n’est plus un ennemi manipulateur et froid parce qu’il est un robot (Kubrick), parce qu’il est au service de la Compagnie (R.Scott), mais devient un camarade à l’humour paramétrable, qui choisit de partager les risques de l’aventure. Toutes raisons pour ne pas bouder mon plaisir.
Trailer:
* Mais il s’y était préparé de tous temps, s’était exposé à la logique de l’entertainement, en vue de l’intégrer, et s’était stratégiquement replié sur des positions soigneusement préparées à l’avance !.

Disparition triste et soudaine de Yann Le Guennec à 45 ans. Il faisait partie de mon paysage mental (je l’ai déjà évoqué dans ces colonnes) et j’aurais aimé voir ce qu’il allait encore inventer. Grand expérimentateur de PHP, ses images, modifiées par la technologie qui les donne à voir, ainsi révélée en temps réel, non seulement dans son concept, mais aussi dans la réalité de son matériau, sont ce que je connais de meilleur par ici en matière d’art numérique. « Par ici » car il n’élude pas du tout l’aspect local, utilisant simplement les alentours d’où il vivait, tout en pensant global. Travail donc à la fois simple, complexe et profond. Et ample. Il laisse une oeuvre importante, en quantité, en qualité, en pertinence, en actualité, en largeur de vue, dont ni les circuits officiels de l’art, ni les chantres de la culture locale n’ont pris la mesure, comme d’habitude. Par contre, de nombreux habitués des réseaux numériques de la création internationale le connaissent et le re-connaissent, souvent sans l’avoir rencontré IRL (in real life). Allez VOIR : http://www.yannleguennec.com/.
* (déjà évoqué dans ces colonnes: Coïncidences et Distributed exhibition project )