Quimper: décliner le motif celtique ou décimer le centre d’art ?

Kjartan Slettermark 1960
Kjartan Slettermark ~ 1960

Les objectifs culturels énoncés par le Maire avant son élection prennent un sens inquiétant avec l’annonce d’une éventuelle fermeture du centre d’art Le Quartier, suivie d’un coup de gueule contre un spectacle, et, en préparation, de baisses de budget visant associations et organismes culturels.
La déclinaison du “motif celtique” cache-t-elle l’intention de précariser tout le reste ?

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Quimper: menaces sur le centre d’art contemporain

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Quimper: le populaire sait pour le peuple

Neil Armstrong's unemployment, 1995, encre sur papier
Neil Armstrong’s unemployment, P.G, 1995, encre sur papier

“Le populaire sait pour le peuple”

L'article entier: Barbara Métais-Chastanier, «La censure par le populaire», Agôn [En ligne], Points de vue, mis à jour le : 24/11/2015,
 URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3127.

Depuis quelques mois, un même mot d’ordre se fait entendre ici et là : celui selon lequel les lieux d’art et de culture devraient être des lieux « populaires » et « ouverts à tous ». Rien de nouveau sous le soleil si l’on veut bien se rappeler que c’était le même élan qui guidait déjà Jean Vilar et Antoine Vitez dans la défense d’un « théâtre élitaire pour tous » (Vitez) dès les années cinquante. Pourtant le « populaire » semble aujourd’hui n’être qu’un vulgaire cache-sexe pour des politiques culturelles populistes et réactionnaires qui n’hésitent pas à prendre les commandes de lieux artistiques quand leur programmation ne s’ajuste pas aux cahiers des charges municipaux. On le sait les élus sont sensibles aux polémiques et le consensus doit régner pour éviter les risques politiques : les propositions divertissantes ont le mérite d’arrondir les angles en répondant aux attentes de collectivités souvent plus soucieuses d’aménager le territoire que de le voir se soulever sous l’effet de tensions et de désaccords profonds.

Celui qui est toujours instrumentalisé, celui pour qui parlent ceux qui agitent la poupée du « populaire » moribond, c’est le public. Le « vrai » public entendons-nous bien. Celui qui comme la Vérité d’X-Files est toujours ailleurs. Pas celui qui applaudit des deux mains les dramaturgies d’avant-garde (toujours intello celui-là), pas celui qui va trop souvent au théâtre, au musée ou qui a l’audace de lire quand sa ministre de la Culture lui rappelle que ça prend trop de temps (toujours suspect celui-là), pas celui qui baigne dans la culture, dans l’art ou dans l’école (il ne sait pas ce que c’est que le réel, celui-là). Non, le Vrai public, le Brut, l’Ignorant, le Mal-à-l’aise, celui qui sue à l’idée d’une pièce de trois heures, celui qui tremble quand on lui annonce un classique. Celui qu’on dit « empêché » après l’avoir affublé pendant longtemps de l’étiquette de « non-public ». Et c’est au nom de ce Vrai Public, qui n’a pas plus d’existence que le « Bon Chasseur » des Inconnus 1, au nom du « Peuple », que le « populaire » se voit réduit au rang d’objet de culture consensuel. Ce n’est pas pour mon public, mes habitants ne veulent plus de ça, entend-on souvent ad nauseam. Car le « populaire » sait pour le peuple, pour le public, pour les habitants ce qui est « bon » pour eux, ce qui est « fait » pour eux, ce qu’ils ont « envie de voir » et ce qu’ils sont « en mesure de comprendre ».

(…) La suite est aussi bien –

L'article entier: Barbara Métais-Chastanier, «La censure par le populaire», Agôn [En ligne], Points de vue, mis à jour le : 24/11/2015,
 URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3127.

De la survie dans l’espace.

SAINT ABSALON PRIEZ POUR NOUS

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Cellule par l'artiste Absalon sur le site laboitefourretout.blogspot.com
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Antenne 2 fait dans le publi-reportage1 furtif. Ce lundi soir on nous annonce la nouvelle mode à NY: des logements dans des petits casiers de 9 mètres carrés avec lit pliant, table de cuisine pliante, tout pliant, pour faire se succéder dans le même espace les fonctions indispensables d’un logement, autrefois étalées sur plusieurs pièces, par exemple dans un F3 de HLM, dans un gaspillage coupable de ressources.

« Ce sont les jeunes qui veulent ça, explique l’architecte, ils s’en fichent d’avoir de la surface, ils veulent être dans le mouve, là où ça se passe, dans les grandes villes, et la surface n’a plus d’importance pour eux« . Monsieur l’architecte, avec sa barbe de Father-Pilgrim, connait bien les jeunes et sait bien ce qu’ils veulent.

Accessoirement il y a aussi une autre petite raison: une loi interdisant de construire aux USA des logements de moins de 15 mètres carrés vient tout juste d’être abrogée. Cette abrogation ouvre, nous dit officiellement le journaliste A2, « un marché prometteur pour les entreprises!« . On se croirait sur BFM. Voilà le retour de la « publicité clandestine », concept des années 70 qui avait fait l’objet, à l’époque, d’un grand élan citoyen et vertueux d’éradication.

Quid de la réflexion sur l’espace vital?  Quid de l’urbanisme? Pourquoi a-on abrogé cette loi?  Sur quel principe reposait-elle? Pourquoi ce principe est-il aujourd’hui dépassé?
On est pas sur une chaîne publique? Je me suis trompé de bouton ou quoi?

Ah! Super! Voici le retour de la croissance économique appuyée sur la décroissance de l’espace vital. Tour de passe-passe télévisuel. Enjeu: un studio « normal » se loue 1500 $ à NY. Alors, pour ceux qui n’ont que 1000 $, il faut bien pouvoir leur louer quelque chose, il y aura les appartements-cabines. On trouve toujours un ou deux jeunes qui sont contents pour appuyer les propos de l’architecte promoteur; mais évidemment aucun qui y habite depuis 3 ans… On empilera les caissons les uns sur les autres, et ça pourra même ressembler à un vrai HLM, que demande le peuple? 1

Comme d’habitude un artiste était au coin du bois en avant-garde, il y a une trentaine d’années. Absalon († 1993), qui exposait comme sculptures/espace des caissons d’habitation ramenés au minimum pour assurer les fonctions vitales, les toilette dépliantes prenant la place de la table du repas avant de se transformer en lit, etc… Il construisait cela à la main en aggloméré, pint en blanc ça faisait penser à une capsule spatiale, froidement éclairée par un unique tube fluorescent comme dans les kebabs.

A l’époque, c’était déjà la crise, mais ça faisait science-fiction, module minimum du survie aux confins glacés de la galaxie.  Eh bien voici venu le moment d’entrer en vrai dans cet avenir radieux. Bientôt le cercueil avec iPad intégré… c’est le progrès, qui, comme dit P.Meyer, fait rage.

Le même syndrôme d’adaptation à la société tout-économique, déjà entendu chez France-Inter, se manifeste sur cette chaîne publique de télé. Commercialisation enthousiaste, Plus de chiffres ! Plus de prix ! sous couleur de modernisation. Ça doit être aussi la faute des jeunes qui préfèrent ça comme ils préfèrent, selon l’architecte du reportage, vivre dans deux mètres carrés parce que c’est plus moderne 2 . Le non-dit: impensable que le marché recule, impensable qu’on oblige les propriétaires à louer à des prix décents des surfaces décentes, ça fait vieille gauche, on n’est pas chez Staline tout de même, Oh, la la !…  Manquent plus sur le plateau que Mr et Mme Ténardier , chers amis bonsoir, entrez donc, asseyez-vous, nous avons beaucoup à apprendre de vous.

[1] Un publi-reportage est un reportage effectué en « traînant les pieds » par les journalistes dignes de ce nom, à la demande d’un client qui a déjà acheté beaucoup d’emplacements publicitaires dans le media; il est alors devenu impossible de lui refuser un article dans la catégorie « information normale ». Et depuis longtemps déjà les commerciaux, écran de fumée en bandoulière, revendiquent, d’appeler la réclame de l' »information commerciale ».
[2] Rétrécissement à recouper avec les « emplois-passe-temps-pour-jeunes » analysés par Naomi Klein
[3] Mr et Mme Ténardier sont les cupides infâmes qui prennent en pension la petite Cosette, l’exploitent, ruinent sa mère, la poussent à la prostitution et enfin au suicide, dans « Les misérables » de Victor Hugo. Lequel eût été bien épaté si on lui avait dit qu’il écrivait aussi de la science-fiction.

 

impulsions #

imPULSions #2 a eu lieu le Vendredi 8 Novembre 2013 à la MJC de Kerfeunteun, à Quimper. Patrick TALOUARN et Hélène SCOAZEC devaient improviser en dessin, ensemble, sur un support de 3m x 1,5m, sans répétition ni arrangement préalable. Didier TALLEC improvisait en musique avec instrument et ordinateur. Robert JOUBIN, qui signait la mise en scène, lut des extraits des « Rencontres avec Bram Van Velde » de Charles JULIET, ce texte balisant l’action en cours. Sniéjana COLAS (photo) et Renaud MARTINEZ (video) étaient conviés à documenter en toute liberté la performance.

imPULSions #, sur un concept de Robert JOUBIN, avait le potentiel d’une série faisant se rencontrer des artistes de différents horizons dans une situation unique. Après le N°1 en 2011, le N° 2 a eu lieu en 2013.!

Voir le site de imPULSion #

impulsions#2 plan
impulsions#2 plan
Hélène Scoazec † durant impulsions #2
Hélène Scoazec † durant impulsions #2