Photographie aux abois

(…) Avec les réseaux numériques, un nouveau régime de vérité s’est imposé. Les images ne sont plus conçues de toute pièce par des professionnels patentés, elles sont diffusées, envoyées, reçues et réagencées en flux par tout un chacun. Le règne des professionnels vacille devant la masse des amateurs.
(…)
S’arc-bouter sur une conception dépassée du photojournalisme, et accuser la presse de tous les maux, revient à ne pas voir que l’une et l’autre, qui ont toujours été solidaires, le sont encore aujourd’hui dans leur déclin. Le «scoop», le grand reportage, l’instant décisif, la grande presse illustrée, etc., tous ces éléments de l’information visuelle et journalistique d’hier n’ont pas franchi le seuil du XXIe siècle car ils incarnaient des valeurs économiques, sociales, idéologiques, cognitives, techniques et esthétiques — et supportaient un régime de vérité — d’un monde encore tellement proche et si terriblement lointain que la pensée s’en trouve désorientée au point de ne pas trouver meilleure expression que l’emploi des «mots grossiers».

Le photojournalisme aux abois : Article sur paris-art N°363
Le crépuscule du photojournalisme: Le crépuscule du photo journalisme »