Richard Mosse à Nantes

 

Richard Mosse
Richard Mosse

A la recherche d’une alternative à la couverture « classique » des flux de migrants par l’industrie de l’information, il détourne une camera thermique de surveillance militaire pour renouveler la vision documentaire sur les conflits ou les camps. Un artiste invente une nouvelle manière de représenter cette question historique pour la rendre… visible.  La texture est très particulière, précise, les formats très grands, l’étrangeté complète car les valeurs sont différentes quand les formes restent les mêmes. Une vision dont l’étrangeté nous frappe d’abord physiquement, qui renvoie à la fois aux images documentaires d’avant la couleur (on ne peut s’empêcher de l’associer à d’autres photos de camps) et à des représentations nouvelles, inconnues,  technologiques, de surveillance. Des descriptions sobres mais dures accompagnent les photos. Dans une triple projection immense, les fragments videos magnifient les gestes de vie quotidienne de réfugiés qui ne savent pas qu’ils sont… surveillés.
Sacré travail à découvrir jusqu’au 1er septembre au Lieu unique.
Bande son glaçante de Ben FROST,  peut-être un peu trop efficace ?

Site de Richard MOSSEPrésentation sur le site du lieu unique   |   bis  |   interview sur France Culture

Et après le lieu unique, le M.O.M.A de San Francisco

 

Katrin Korfmann dans les sucettes

Katrin Korfman
Katrin Korfman

Intrigué, depuis son apparition dans le paysage, par le visuel de la saison 2015-2016 de la Scène nationale locale, une image  aperçue d’abord dans une sucette Decaux, depuis un deux-roues, dans le traffic, et dont la densité, rare, m’interpellait tout en me laissant incapable d’identifier de quoi il s’agissait…  je me suis un peu renseigné. C’est une photo de Katrin Korfmann, qui développe une oeuvre sur ce thème: une humanité générique vue de dessus dans son espace, cadrée comme le serait un matériau, une substance. Et en train de se livrer à différents rituels culturels, ludiques ou carnavalesques, comme des amibes sous un microscope. Le rapport d’échelle de ces images est d’une efficacité et d’une précision étonnantes. Prenant le contrepied des codes habituels de la réclame, cette image qui se joue de la lecture de l’image, sera parvenue à s’installer pour un bon moment dans ma conscience. Pas mal pour de la com’! Mais pour cela, il faut de l’intelligence, et, tiens! justement, comme on se demandait à quoi ça sert… de l’art.

Sur le site de Katrin Korfmann on peut zoomer dans les images haute résolution pour en voir les détails. Épatant !

http://www.katrinkorfmann.com/werk/109-201-en